Mardi 11 mai 2010 2 11 /05 /Mai /2010 12:04

Bon allez j’y retourne. Où ça ? Ben au cours d’accouchement pardi.

Faut bien que je sache comment faire pour me sortir vivante de cette épreuve.  

Le thème du jour : le retour à la maison.

J’arrive à l’hôpital fraîche et disponible, parée à écouter Domitille la sage femme – lobbyiste anti-péridurale, pendant deux heures.

Cette fois-ci, à mon grand soulagement, nous ne installons pas par terre sur des matelas douteux, mais sur des chaises, comme des êtres humains.

Particularité aujourd’hui : il y a plein de mâles. Je me pose la question de savoir si je ne me suis pas trompée de cours avant de demander à ma voisine si c’est un cours sur « comment protéger sa prostate en milieu urbain ». Elle me regarde atterrée, l’air de dire « mais t’es pas drôle ma fille ».

En observant les hommes, je m’aperçois qu’ils ont un point commun : tous ont, accroché à leur bras musclé une femelle enceinte.

« Ah ce sont les pères ! » dis-je à ma voisine qui a changé de place.

Domitille se racle la gorge. Signe qu’il faut la boucler sur le champ sous peine d’épisiotomie.

-          Bonjour tout le monde ! Vous êtes bien installés ?

-          Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii.

-          Parfait, je vois qu’il y a de nombreux papas. C’est très important qu’ils soient là aujourd’hui. Le cours à ne pas manquer en quelque sorte.

Les gonzesses qui sont venues seules s’enfoncent discrètement dans leur chaise.

-          Pourquoi est-ce important qu’ils soient là ?

Brouhaha dans la salle.

Un type avec une tête de Jean-Claude prend la parole :

-          Quelle question ! Nous sommes là car nous sommes concernés. Enfin, moi, personnellement, je le suis. Après tout, les pères ont toujours été relégués à des rôles subalternes en matière d’éducation. Mais Dieu merci, les choses changent ! Dorénavant nous faisons partis de la vie du bébé intégralement !

Sa femme est à deux doigts d’applaudir la plaidoirie de son héros.

Domitille le regarde perplexe. Elle choisit la diplomatie.

-          Effectivement les temps changent. Mais de là à dire que c’étaient les femmes qui écartaient les pères de la vie de l’enfant, n’exagérons pas. Les hommes s’auto excluaient volontiers…

-          Non je ne suis pas d’accord. De tout temps, le rôle de la mère a été porté aux nues et …

-          Du calme du calme, jeune homme… On n’est pas chez Mireille Dumas !

Gloussements dans la salle.

Domitille poursuit :

-          Il est important que les hommes se rendent compte de ce qui les attend lorsque le bébé sera là… Et croyez-moi, Messieurs, mieux vaut être préparés.

Les hommes déglutissent simultanément. Quelle bande de flippettes ! Ils tremblent déjà devant Domitille.

-          Tout d’abord, ne vous imaginez pas que le  retour à la maison va être joyeux. Madame va être sujette à une énorme baisse d’hormones qui aura pour conséquence, une légère voire, une terrible déprime. Ce n’est pas inévitable, mais c’est très fréquent. Cela peut durer une heure comme plusieurs jours. Si cela dépasse deux semaines, Messieurs, contactez un psychiatre.

-          Et ça se manifeste comment le baby blues ? s’interroge une jeune fille apeurée.

-          Par des pleurs, des pleurs, des pleurs … et puis aussi un sentiment de vide, d’inutilité, et de non estime de soi.

-          Ca a l’air sympa, fais-je remarquer dans l’indifférence générale.

Domitille reprend :

-          Dans ces moments là, il est impératif de vous faire aider. Du papa, de la belle-mère, de la grand-mère, de vos copines etc.

-          Oui mais bon, on va passer pour de mauvaises mères si on n’arrive pas à gérer, non ?

-          Non ! Vous passerez pour une femme qui sait se préserver ! On vous propose de l’aide ? Acceptez-la ! Et avec le sourire. Demandez à vos copines de s’occuper de votre merveille deux heures au moins – que vous ayez le temps de dormir, de vous laver, de vous épiler.

-          Ah ben oui, l’épilation c’est primordial.

Merci Jean-Claude pour cette intervention militante. 

-          Euh, faut respecter les femmes qui ne s’épilent pas ! C’est aussi leur choix.

Une jeune hollandaise vient d’intervenir …

Domitille résume la situation ainsi :

-          En gros, Madame va être exténuée. Donc, Messieurs, pas la peine de rentrer le soir et demander ce qu’il y a à bouffer – comme vous le faites si bien – car il n’y aura rien de prêt. Estimez-vous heureux si votre femme a ouvert les volets le matin.

-          A ce point ?

-          Oui à ce point.

Nous poursuivons la réunion sur notre rapport au corps après l’accouchement.

Domitille est formelle : nous allons nous détester pendant au moins six mois. D’où l’intérêt d’être réconfortée par son conjoint.

Là tous les hommes de l’assistance se mettent à regarder ailleurs en sifflotant.

-          Hé oui Messieurs, dîtes à votre femme qu’elle est belle ! Même si elle a les fils de son épisio qui dépassent de son string Victoria Secret !

-          A propos de string …

Un garçon en pull Jacquard vient de lever la main.

-          Oui ?

-          A partir de quand peut-on reprendre une activité sexuelle ?

-          Je l’attendais celle-là ! Pas avant deux mois.

-          Deux mois ???? (Cri simultané des mâles de l’assistance).

-          Oui deux mois. Minimum. Car pendant les deux mois qui suivent l’accouchement, voici ce qui se passe.

Et là, Domitille se lance dans la description de l’épisiotomie, des douleurs liés aux hémorroïdes et surtout du concept de descente d’organes – le prolapsus génital, dans le milieu.

-          Qu’est ce que c’est que ça ?

Domitille nous résume la chose ainsi : lourdeurs dans le bas-ventre, problèmes urinaires à répétition, voire extériorisation génitale

Grosso Modo, si on se retrouve avec la vessie au niveau des chevilles à uriner sur ses escarpins, faut pas s’étonner.

Les hommes sont décomposés. Et bizarrement, la question de la reprise d’une activité sexuelle leur paraît tout à coup beaucoup moins importante…

 

Par Grossesse Veritas
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Lundi 10 mai 2010 1 10 /05 /Mai /2010 20:59

Petite discussion :

-         T’es là ?

-         Mmmm ?

-         Non mais je te dérange ?

-         Ben ouais un peu. Je regarde Joséphine Ange Gardien

-         Ah.

-         Oui je sais c’est pathétique.

-         Non parce que j’avais une question à te poser.

-         Laquelle ?

-         Je voulais être sure que tu allais bien te mettre en marche quand je verrai le bébé…

-         Je me goure où tu m’as déjà posé la question douze fois ?

-         Oh arrête ! T’exagère. C’est légitime que je m’interroge non ?

-         Oui mais pas dix fois par jour.

-         Ben je suis angoissée ! Je n’y peux rien ! Qui me dit que tu existes vraiment ? Que tu n’es pas un mirage ?

-         On est entrain de discuter là, c’est bien un signe que j’existe, non ?

-         Non. Je suis peut-être une folle qui parle toute seule.

-         C’est vrai que ça t’arrive ! L’autre jour, je t’ai surprise ne flagrant délit de conversation avec le grille-pain.

-         Oh ça ?! Oui ben il avait une anecdote funky sur une tartine de Nutella. Donc on a un peu devisé …

-         Mouais …

-         Donc tu me garantis qu’à l’instant où le bébé naîtra, je ressentirai une immense vague d’amour pour lui. Une sorte de tsunami de love ?

-         Oui je te le garantis.

-         Mais tu ne veux pas me signer un truc ? Je me sentirais plus sereine …

-         Non !

-         Et puis j’arrêterai de t’emmerder toutes les deux minutes…

-         C’est tentant mais je ne peux pas

-         Mais pourquoi ?

-         Principe de précaution !

-         Ah ! Tu vois que tu n’es pas garanti à 100%

-         Théoriquement si ! Mais je ne suis pas à l’abri d’un cafouillage …

-         Tu parles des mères infanticides, c’est ça ?

-         Oh, tout de suite les grands mots !

-         Ben quoi alors ?

-         Il se peut que tu fasses un rejet du bébé … très temporairement … les minutes après sa naissance.

-         Ca arrive souvent ça ?

-         Ben non. Uniquement si le bébé se pointe au moment où je suis parti boire un café…

-         T’as pas intérêt de me faire ça !

-         Ouais mais tu sais bien que je suis accroc à la caféine.

-         Bon, on fait un deal. Tu t’abstiens de disparaître dès le moment où je perds les eaux.

-         Et ?

-         Et je te paie une machine Nespresso !

-         Et what else ?

-         Queue dalle !

 

 

Par Grossesse Veritas
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Dimanche 9 mai 2010 7 09 /05 /Mai /2010 09:34

Encore une fois – je me répète mais il me semble que cela vaut le coup : être enceinte n'a rien de sexy (sauf dans des cas exceptionnels comme celui d'Angelina Jolie ou Monica Belluci).

Donc, il est impératif de suivre certaines règles afin de garder une certaine apparence. Ne pas se laisser aller quoi. Hyper important. Pour votre mec et surtout pour vous !

Voici les règes à suivre :

1 - Vous ne sortiez jamais sans une touche de fond de teint, un soupçon de mascara ou des lèvres glossées à souhait ? Alors pourquoi arrêter ? Continuez de vous maquiller ! Sinon, les gens risque ne pas vous reconnaître ou bien de vous prendre pour votre mère.

2 - Soyez intransigeante sur l’épilation : sourcils, maillots, gambettes. Personne n’a envie de voir un clone d’Emmanuel Chain enceinte. Et votre homme ne souhaite surtout pas dormir à côté d’un yéti. Alors hop, filer à l’institut de beauté.

3 - Prenez soin de votre peau. Aux chiottes les phrases du style « La grosses c’est naturel, ça ne peut pas faire de mal à mon épiderme ». Car c’est faux. La grossesse est l’ennemi d’une peau lisse, soyeuse, resplendissante. Donc hydratez-vous à grand coup de crème.

4 - Habillez-vous avec goût. Qu’on ne vous voit pas en jogging Lacoste s’il vous plait. Ca craint trop. Soyez votre apparence. Le style baleine habillée comme un sac n’a jamais fait rêvé personne.

5 - Même si c'est tentant, évitez d'avoir comme unique sujet de conversation votre grossesse. Pensez aux gens qui n’ont pas d’enfants : c’est hyper chiant. La composition du placenta vous passionne ? Ben dîtes vous que ce n’est pas le cas de tout le monde, donc gardez ce genre de sujets palpitants … pour vous.

6 - Ne vous plaignez pas sans arrêt. C’est hyper chiant pour l’entourage BIS.

7 - Une fois en congé maternité, ne trépignez pas d'impatience en attendant que votre homme rentre à la maison. Occupez-vous toute seule comme une grande. Pour avoir d’autre truc à lui raconter que l’intrigue d’Amour Gloire et Beauté. Car sinon, gageons qu'il rentrera de plus en plus tard.

8 - Ne rotez pas à tout bout de champs. Certes, la grossesse provoque certaines réactions intestinales (Ah bon, pas vous? lol). Mais ce n’est pas la peine d'organiser des concours de rots avec les potes de votre mec. Ou de clamer toute fière à qui veut l'entendre "que vous savez réciter tout l'alphabet en rotant".

9 - Ne vous empiffrez pas! Ce n'est pas parce que vous êtes pregnant que vous devez vous transformer en pachyderme. Surveillez ce que vous ingurgitez. Pesez-vous une fois par semaine à jeun le matin et notez le poids que vous prenez.

10 - Continuez à vous tenir au courant de ce qui se passe à l'extérieur de votre utérus : demandez des nouvelles de vos amis, consultez les sites web même ce qui ne concernent pas les enfants, sortez...

 

Bref restez-vous même !

Par Grossesse Veritas
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Jeudi 6 mai 2010 4 06 /05 /Mai /2010 19:50

Tout d'abord, puisqu'il semblerait que c'est un sujet sensible, je tiens à annoncer officiellement que chacun fait ce qu'il veut avec ses cheveux et encore plus avec ses nichons!

Pour moi, la mort de Lady Di, le pseudo suicide de Léo de Secret Story et le niveau intellectuelle de Lio : ça se sont des questions qui méritent d'être posées !

Naïve que je suis, j'étais à mille lieux de m'imaginer que l'allaitement faisait l'objet d'un débat acharné entre ses partisanes et les autres.

Personnellement, je n'ai jamais émis le moindre désir d'allaiter. Faut pas chercher midi à quatorze heure - non, je n'ai pas été séquestrée dans mon enfance par une bande de vaches laitières cagoulées - c'est comme ça. Ca ne me dit rien. J’ai beau savoir que c'est mieux pour l'enfant, cet argument n'est pas suffisant. Ce ne me chauffe pas du tout. En plus, j'ai été nourrie au biberon et quand on voit le brillant résultat, on ne peut que s'écrier : vive le biberon (en toute modestie bien sur).

Alors, quand je me suis pointée au cour d'accouchement sur les suites de couches et le retour à la maison (que je vous relaterai plus tard car palpitant), j'étais à mille lieux de penser que j'allais me prendre des scuds de la part de la sage femme et de certaines de mes congénères enceintes.

Je vous dresse le tableau : on est quinze gonzesses assisses en cercle sur des chaises toutes pourraves. La sage-femme débarque et - ô surprise - il s'agit de la même que la dernière fois : cette bonne vieille Gwendoline et sa lubie anti-péridurale.

Donc Gwendo arrive, sereine, ses Crocs aux pieds, en mode messie. Elle tousse pour réclamer le silence. Et attaque d'emblée :

- Petit rappel : aujourd'hui, on fait deux cours. Maintenant, c'est le cours sur le retour de couches et tout à l'heure on abordera l'allaitement maternel. Bon ben ça nous fait un bon sujet de démarrage : qui compte allaiter?

Sur les quinze nanas présentent, quatorze lèvent la main.

Gwendo est perplexe : y'a trop de bras levés. Elle reformule :

- Qui ne souhaite pas allaiter?

Là, deux secondes de doute dans ma tête : j'assume ou j'assume pas? Allez j'assume. Je lève la main bien haut.

- Ah et bien on a une récalcitrante! Je rigole bien sur..

Elle n'a pas du tout l'air de rigoler.

Certaines des autres nénettes me regardent de traviole, genre "la pauvre, elle n'a pas l'instinct maternel ...". Y'en a même une qui tente de me faire un pauvre sourire. Je la fusille du regard pour la rembarrer.

Je me rends compte que je vis mon premier choc sur la réalité de la nourriture pour bébé : l'allaitement maternel est le seul politiquement correct et autorisé.

 

Alors, non pas que j’ai à me justifier … mais je tiens à dire quand même que le diktat du tire-lait est insupportable pour celles qui ne désirent pas s’y soumettre.

Moi ça m’a travaillée. J’ai du me poser des questions – comme si j’étais pas assez fatiguée : « Vais-je être une bonne mère ? », « Ne risque-t-on pas de me brûler vive ? » …

Avant de me résigner en me répétant : « tu es normale, tu seras une bonne mère » toute la journée… Ca marche, mais c’est du taf. Donc HALTE à l’oppression psychologique !!! 

Par Grossesse Veritas
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Mercredi 5 mai 2010 3 05 /05 /Mai /2010 14:44

Aujourd’hui est un grand jour. Un de plus dans le calendrier de la grossesse. Je démarre les cours d’accouchement. Avec en guest star, Gwendoline, la sage femme. 

Il est neuf heures du matin, et je me rends à la maternité. Après un quart d’heures de déambulation dans les couloirs de l’hôpital, je trouve enfin la salle où a lieu le cours. La sage-femme est déjà là, vêtue de la tenue réglementaire, blouse et pantalon rose bonbon, et chaussée de Crocs. En apartheid, à quand une manifestation anti-Crocs ? Ces pompes sont à la mode ce que le hot dog est à la gastronomie … une hérésie. 

La salle est assez grande. Le long des murs sont disposés des tapis de sol légèrement usagés, des oreillers et des polochons. 

Nous sommes priées de nous installer, une personne par matelas. Après bien sur avoir enlever nos chaussures. Une légère odeur de pieds vient parfumée la salle. Charmant, on se croirait au Club Med Gym. 

Gwendoline se présente. Quarante-trois ans, sage-femme depuis vingt ans, sixenfants, tous nés par césarienne, expérience de l’humanitaire et des accouchements warrior en Afrique. Blablabla. 

Nous nous présentons toutes une par une, en mode Alcoolique Anonyme : nom, prénom et date de début de grossesse. 

Tout le monde s’observe à la dérobée, histoire de savoir qui a le plus grossi. Ah, mesquinerie quand tu nous tiens. 

Puis les choses sérieuses commencent. Gwendoline annonce la couleur :

- Aujourd’hui, on accouche sans péridurale !

- Mais on n’accouche pas aujourd’hui ! 

Une intellectuelle angoissée vient d’intervenir.

- Non effectivement. C’est le thème du cours. 

Gwendoline a l’air de penser que la matinée va être longue … 

- Bon, alors, on va se mettre en situation tout de suite : vous êtes chez vous. Avant de venir à la maternité, vous attendez d’avoir des contractions toutes les cinq minutes pendant au moins deux heures. En terme de douleur, il s’agit du moment où vous mettrez à hurler. 

Têtes déconfites dans l’assistance.

- Mais, on ne peut pas venir plus tôt ?

- Si, mais on vous renverra chez vous.

- Ah.  

- C’est comme ça. 

Gwendoline à quand même un peu de mal à masquer le plaisir qu’elle prend à nous voir baliser.  

- Donc, je reprends. Vous arrivez à la maternité, vous êtes dilatée à cinq. Vous avez mal, très mal. Et avez déjà traiter votre conjoint de connard au moins dix fois. Il est temps de demander la péridurale. Or, l’anesthésiste a été appelée pour une urgence. Elle n’est pas disponible tout de suite. Dommage pour vous car cela signifie qu’il va falloir gérer la douleur en l’attendant, si bien sur elle se pointe un jour.

- Mais y’en a pas d’autres des anesthésistes ? 

Brouhaha d’approbation dans la salle. 

Gwendoline fait fi de la question et continue.

- Quand vous vous donnez un coup de marteau sur le doigt, comment réagissez vous ?

- On respire un grand coup.

- On crie.

- On pleure.

- On dit « Putain de sa mère »  

- Très bien. Vous voyez : déjà trois moyens de calmez la douleur. Autre mise en situation : quand un enfant pleure, comment le calmez vous ?

- On le berce.

- On le caresse.

- On lui en colle une.

- Sûrement pas ! 

Mon intervention ne fait rire personne. 

Gwendoline poursuit : 

- Vous câliner, vous détendre, s’occuper de vous : voici tout ce qui va incomber à votre conjoint le jour de l’accouchement, quand vous aurez si mal. Il devra même se laisser insulter sans broncher. 

Un sanglot étouffé se fait entendre. Ma voisine de matelas s’adresse à moi :

- Mon mec m’a plaquée le jour où je lui ai annoncé que j’attendais une fille. 

- Oui c’est vrai que les filles, c’est nase. 

Réalisant mon manque de tact, je lui passe une main amicale dans le dos et lui promet qu’elle en trouvera un autre, un moins con. 

Gwendoline soupire. Elle n’aime pas qu’on s’éparpille pendant ses cours. 

- Je disais. Mesdames, prenez des notes ! Et ce soir, vous répèterez tout à votre chéri. Avant de partir à l’hôpital, quand vous serez encore chez vous, vous serez totalement en stress. A lui de faire en sorte de vous calmez. Respirez le plus calmement possible. S’il voit que votre respiration se détraque et que vous paniquez comme une folle, à lui de rectifier le tir en vous montrant comment inspirer et expirer. Deuxièmement à la maternité, lorsque les contractions ne vous laisseront pas plus d’une ou deux minutes de répit, demandez lui de vous faire des caresses dans le bas du dos. L’idée est de détourner l’attention de la douleur. 

- Ca marche vraiment ?

- Euhhh non pas à cent pour cent. Une autre technique et plus efficace : celle du deuxième point de douleur. 

- C’est à dire ? 

- Hé bien, il faut que vous ayez mal ailleurs. 

- Ah. 

- Une bonne gifle par exemple vous ferait oublier les crispations de l’utérus. Mais bon … je ne le recommande pas.

- Et vous recommandez quoi ? 

- Que votre conjoint vous pince fort au bras par exemple, dans le dos, au doigt … n’importe où pourvu que cela vous fasse oublier les contractions. 

Dans la salle l’ambiance est studieuse. Tout le monde est en mode sténo, notant les moindres paroles de Gwendoline. Pour ma part, je n’écris rien. Je note juste mentalement qu’il faut retenir le concept du « Fais moi mal ». 

Le reste du cours se déroule sur le même mode. Gwendoline décrit pendant de longues minutes les douleurs des contractions… Ca fait rêver. Je ressors du cours toute verte, au bord de la nausée. 

Je ne supporterai jamais d’accoucher. 

Au prochain cours, je demanderai s’il y a moyen de négocier une anesthésie générale. 

Par Grossesse Veritas - Publié dans : Conseils 6ème Mois
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Mardi 4 mai 2010 2 04 /05 /Mai /2010 16:44

Cinquième mois de grossesse, déjà. L'heure de vérité est proche : fille ou garçon?

En d'autres termes : allez-vous pouvoir claquer tout votre fric en petites robes, jupes, mini-legging, ballerines taille 16, mini Repetto, manteau 60's pour baby ou bien devoir vous contenter d'acheter des pantalons ou des polos?

Le suspens est à son comble.

Dans la salle d'attente de l'échographe, vous trépignez d'impatience. Vous voulez savoir !

D'autant que du fait de votre prise de ventre, vous ne vous êtes rien acheté depuis des lustres. Vous souffrez donc d'une envie de shoping aigue qu'il va vous falloir assouvir rapidement.

En bon médecin qui se respecte, l'échographe vous reçoit avec une heure de retard.

Dans son cabinet, vous avez le droit aux mêmes questions que d'habitude : date des dernières règles, terme prévu blablabla.

Vous répondez machinalement en vous limant les ongles.

Puis, il est l'heure de vous allonger sur la table d'examen, face à un écran plasma gigantesque.

Une tonne de gel plus tard et c'est parti : le spectacle son et lumière démarre. On se croirait dans Ushuaia, rapport au bruit de fonds marins qui émanent de votre ventre.

Nicolas Hulot apparaîtrait sur l'écran que vous ne seriez pas plus étonnée ...

Le docteur démarre par énuméré tout ce qu'il voit : le foie, la colonne, le nombre de vertèbre, les petites mains, les pieds ... Il passe trois plombes à calculer la taille du cerveau.

Vous avez envie de lui hurler d'accélérer.

Mais il prend son temps.

Il se balade à la surface de votre utérus.

Au bout d'un quart d'heure, vous n'y tenez plus et demandez fébrile : "Vous pouvez voir le sexe docteur?".

- Bien sur.

Et il continue à bidouiller ...

Pas de réponse.

- Et vous pouvez me le dire?

- Bien sur.

...

...

...

Cinq bonnes minutes s'écoulent encore.

"Magne-toi l'cuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuul" avez-vous envie de dire.

Vous osez un :

- Alors?

- Je vous dirais ça bientôt ...

- Mais quand???? (Vous allez pleurer)

- Dès qu'elle se sera retournée.

Dix secondes s'écoulent avant que vous ne percutiez.

- Ca veut dire que c'est une fille?

- "Elle" étant un pronom féminin ... OUI

...

 Voilà vous savez.

Et le docteur est ravi : il a kiffé de vous faire attendre. Sacré lui.

Par Grossesse Veritas - Publié dans : Conseils 5ème Mois
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Lundi 3 mai 2010 1 03 /05 /Mai /2010 17:01

Faut reconnaître une chose de positif pendant la grossesse : on n'a pas ses règles, et ça, c'est bien cool.

Plus de douleurs pré-menstruelles ni d'humeurs changeante... (enfin si, mais pas pour les mêmes raisons).

Exit l'impression d'essorage des ovaires à l'approche de la date fatidique. Et surtout : économies sur les protections périodiques, comme on les appelle dans le milieu de la menstruation (un des mots les plus vilain que la langue française compte).

Quand vous passez au rayon "Hygiène intime" au supermarché, vous kiffez de ne pas vous arrêtez devant les stocks de Vania Ultra Plus Night.

Ou bien si, vous vous arrêtez, vous faites mine de prendre un paquet tout violet tout moche puis vous partez d'un rire de folle genre "mais je n'en ai pas besoin ah ah ah".

Ca ne fait marrer que vous et les gens vous prennent pour une cinglée ... Mais bon.

Au rayon Tampax, bonjour l'ambiance de merde. Personne ne vous calcule. Sympa ... Vous notez mentalement cet affront. Vous vous en souviendrez en temps voulu. Quand vos règles reviendront, vous acheterez des tampons Net.

Autre point positif de la no règles attitude : vous pouvez faire l'amour tout le temps. Pas de pause syndicale pour votre vagin.

Je dis vous POUVEZ, car potentiellement vous êtes capables de faire l'amour tout le temps.

C'est là que ça se gâte.

Votre libido n'est pas du tout du même avis.

Dépit...

 

Par Grossesse Veritas
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Samedi 1 mai 2010 6 01 /05 /Mai /2010 14:19

Avant d'être enceinte, j'avais déjà une petite tendance à pleurer pour un rien. Tendance que mon cher et tendre trouve bien sur insupportable. Il n'aime pas les filles qui pleurent - c'est ce qu'il me rabâche sans arrêt - je me demande vraiment ce qu'il fout avec moi ...

Pour vous dire à quelle point ma sensibilité peut-être exacerbée, il m'est déjà arrivé de verser ma larme devant - tenez-vous bien - confessions intimes (Qui est au passage une des émissions, si ce n'est l'émission, la plus conne du PAF).

A la vue d’une Brigitte effondrée que Kevin, son concubin depuis trois mois, préfère passer son temps à bichonner les enjoliveurs de sa Fiat panda plutôt qu’à parler scrapbooking avec elle dans leur sordide HLM, BAM, je suis bouleversée.

Oui, je peux être pathétique.

 Autant vous dire donc que la grossesse n'a rien arrangé.

Je pleure deux fois plus.

Surtout la nuit. Si je fais un mauvais rêve, je n'arrive pas à m'en dépêtrer. Je sais que je suis éveillée et que ce qu'il vient de se passer n'a pas vraiment existé puisque je l'ai rêvé... Mais y'a rien à faire. La mobilisation de tous mes neurones pour dédramatiser, relativiser la situation n'a aucun effet : je pleure sur la tournure de mon rêve.

Je pleure encore plus devant la télé. Mais bon, j'avais déjà un niveau assez élevé avant d'être enceinte...

La grande nouveauté - ouaiiiiiiis - c'est que la radio me fait dorénavant le même effet. Attention, pas n'importe quelle émission quand même. Celle qui me perturbe le plus : le flash info.

Pour peu qu'une mouette se soit retrouvé toute mazoutée à cause d'une marée noire et là, c'est le drame dans ma tête.

Autant dire qu'avec la catastrophe pétrolière au large de la Louisiane, je n'ai pas fini d'en verser des larmes.

Tout le monde me dit que ce sont les hormones qui me dérèglent complètement.

Oui alors les hormones, faut arrêter là. Elle n'en peut plus la dame (toujours parler de soi à la troisième personne, ça impressionne les hormones à donf).

 Si vous aussi vous passez votre vie de future mère, un kleenex visé au coin des yeux, n'hésitez pas à me laisser un commentaire, ça me remontra le moral... C'est beau ce que je viens de dire. Pour un peu, j'en chialerais.

 

Par Grossesse Veritas
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Vendredi 30 avril 2010 5 30 /04 /Avr /2010 12:21

Epineux dilemme pour certaines. Evidence pour d'autres. Décision unilatérale ou concertée avec le conjoint, la famille, le hamster ... Le choix du prénom de votre futur enfant est toujours un moment crucial de la grossesse.

Il y a tellement de prénoms possibles que vous en arriverez peut-être à vous plaindre de ne pas à avoir à honorer une vieille tradition familiale genre : donner le prénom de la belle-mère, du grand-oncle ou de l'arrière grand-mère.

Comment procéder?

Ben j'ai envie de dire : chacun sa croix.

Les goûts, les couleurs ne se discutent pas.

Enfin si quand même. 

Souvent, on sait en gros ce qu'on ne veut pas.

Pas de prénoms composés.

Pas de prénoms américains.

Pas de prénoms inventés.

Pas de prénoms originaux.

Pas de prénoms bibliques.

Pas de prénoms mixtes.

Ca donne une première idée... Mais le chemin est encore long avant de trouver.

Essayer de penser positif et de ne pas dire : "J'aime pas les prénoms en "A"" par exemple. Débrouillez-vous pour trouver les sonorités qui vous plaisent.

Un conseil :

Evitez les prénoms de starlettes. Franchement c'est beauf à mort.

Combien de petites Loana sont nées après 2001?

Beaucoup trop, on est d'accord. Quel avenir pour ces gamines avec un handicap pareil? Je ne dis pas qu'elles sont condamnées à se suicider tous les quinze jours, mais bon, dans le doute, mieux vaut s'abstenir.

Evitez aussi (mais ça s'est un goût super perso) les prénoms américains. S'appeler Samantha Pinchon ou Henny Dulard, ça fait vraiment c**. Enfin, c'est mon point de vue, et je le partage :-)

Exit aussi les prénoms rarissimes, voir inventés par vous. Votre enfant sera traumatisée !!

En tout état de cause, le net regorge de sites qui vous aideront à trouver THE name.

En voici quelques uns :

http://www.prenoms.com/

http://www.idprenoms.com/

http://www.bebe-prenoms.com/

Bonne recherche.

Par Grossesse Veritas - Publié dans : Conseils 9ème Mois
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Jeudi 29 avril 2010 4 29 /04 /Avr /2010 11:11

Il faut inscrire son enfant en crèche le plus tôt possible. Vous avez du entendre cette phrase au moins un milliard de fois.

C'est la pression. Vous vous êtes même demandé s'il ne fallait pas courir au service de la petite enfance de votre mairie après chaque partie de jambes en l'air. Pour être sure. Mais bon, en imaginant la tête atterrée des employées, vous vous dîtes que ce n'est pas une bonne idée. On vous internerais pour propos obscènes si vous débarquiez en disant : "Hello hello, je viens de me faire sauter ! Puis-je pré-inscrire mon ovule en crèche?". 

Vous attendez donc que votre grossesse soit confirmée par votre gygy pour vous lancer à l'assaut de l'administration.

C'est donc la bouche en coeur que vous vous pointez au bureau de la petite enfance de la mairie de votre arrondissement, enceinte d’à peine douze semaines.

Tout sourire, en mode lèche-cul. Avec uniquement 10% des enfants accueillis en crèche municipale, il va falloir mettre le paquet pour vous démarquer. Vous avez revêtue la tenue de ralliement des employées de mairie : le caleçon long. Vous avez flippé de croiser quelqu'un que vous connaissiez sur le chemin, mais bon. A la guerre comme à la guerre.

Deux femmes d'une quarantaine d'années vous font face, assisses derrière leur bureau respectif.

Il n'y a que vous dans la salle, mais elles ne semblent pas vous avoir remarquée.

Et continuent leur discussion :

- Donc, hier, j'avais préparé des paupiettes de veau. Et là, il me sort : j'aime pas le veau.

- Mon mari c'est pareil. Toujours à critiquer ce que je cuisine.

- Ben cette fois, je ne me suis pas démontée. Je lui ai dit : tes paupiettes t'as qu'à te les mettre dans le cul.

- Non?? Ah ah ah.

Devant tant d'indifférence, vous tentez de capter leur attention :

- Hum hum.

 

Deux têtes se tournent vers vous.

- Bonjour Mesdames. Moi aussi je suis une dingue de paupiettes! Mais ce n'est pas l'objet de ma venue. En fait je voudrais faire une inscription en crèche.

- Ok asseyez-vous, vous dit la plus moche.

- D'accord.

- Il a quel âge votre enfant?

- Ben c'est à dire, environ moins six mois.

- ???

- Il n'est pas encore né.

- Ahhhhhhhhh.

- Quoi "Ahhhhh"?

- Ben c'est beaucoup trop tôt pour vous inscrire ! Faut revenir au début du sixième mois. Là vus ferez une pré inscription. A la naissance de l'enfant, vous confirmerez cette inscription, et à partir de là, votre dossier passera en commission tous les mois. Vous recevrez un courrier si jamais il y a une place de disponible.

- Je suis un peu étonnée, je pensais qu'il fallait s'inscrire au plus tôt.

- Ici c'est comme ça.

- Très bien alors, je reviendrai dans deux mois. I will be back.

- ??

Vous n'insistez pas devant l'absence de niveau d'anglais de la bonne femme.

Et vous repartez dépitée.

 

Par Grossesse Veritas - Publié dans : Conseils 3ème Mois
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